La CNT 22 affirme sa solidarité à l’appel de Plouaret et appelle à toutes les manifestations de soutien aux militants poursuivis.
Ci-dessous le texte de l’appel :
Quatre trégorrois seront jugés le vendredi 12 mai prochain au tribunal correctionnel à Guingamp (chambre détachée du TGI de Saint-Brieuc). Ils encourent jusqu’à 45 000 euros d’amende et 3 ans d’emprisonnement pour « entrave à la mise en marche ou à la circulation d’un train ». Plus précisément, pour « avoir occupé, dans le cadre d’une manifestation, la gare de Plouaret, et avoir occupé illégalement la voie ferrée en empêchant la libre circulation des trains, au préjudice de la SNCF ». Ceci sur une période définie entre le 19 mai et le 24 juin 2016.
Ce procès vise clairement des participants à l’« appel de Plouaret », mobilisés pour la première fois le 19 mai 2016, de manière pacifique, sans violence ni dégradation, dans le cadre d’une journée d’appel nationale contre la loi travail. Cet appel proposait notamment à la population trégorroise de se rassembler chaque samedi à la gare de Plouaret, en vue de s’opposer à la loi du capital qui nous est imposée et de faire converger les luttes locales en se sens (celles contre les projets miniers, l’extraction de sable, la centrale à gaz de Landivisiau, le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes ; celles des employés de Triskalia intoxiqués aux pesticides, celles des anti-nucléaire, les projets de libre échange comme le TAFTA ou le CETA, etc). Rédigé en bilingue Breton-Français, l’appel de Plouaret avait également la volonté de s’inscrire sur son territoire et de faire apparaître la langue bretonne dans son combat.
Nous, participants ou sympathisants à l’appel de Plouaret, annonçons la création d’un collectif visant à soutenir les quatre camarades convoqués le 12 mai devant le tribunal, ainsi qu’à dénoncer la méthode de culpabilisation individuelle d’une procédure qui ne correspond aucunement à la réalité de terrain. Nous sommes prêts à défendre notre lutte sous quelque forme que ce soit (manifestation, récolte de fonds, nouveaux communiqués, etc.). Nous attendons des explications sur les vraies raisons qui amènent à la convocation arbitraire de quatre personnes quand l’objet de cette convocation vise clairement les activités d’un nombre bien plus large, voire d’un mouvement social en son entier, présent partout en Bretagne et dans le reste de l’état Français. Nous nous interrogeons sur la possible dérive de cette procédure et sommes prêts à la dénoncer : ces personnes ne sont-elles pas visées pour l’ensemble de leur engagement politique anti-capitaliste ? Le but n’est-il pas de décourager toute action de protestation, en faisant des « exemples » ?
Nous appelons chaque personne, chaque collectif, association ou syndicat à nous soutenir et à communiquer sa solidarité à l’appel de Plouaret. Nous appelons ceux qui le peuvent à rejoindre notre collectif.
Nous demandons pour les militants du mouvement contre la loi travail, une équivalence des droits élargis qui ont été octroyés aux policiers à cette periode, càd : l’ « irresponsabilité pénale » en raison de « l’état de nécessité ».
Nous soutenons la volonté des quatre convoqués d’utiliser leur langue privilégiée, la langue bretonne, au tribunal à Guingamp.
Le collectif de soutien à l’appel de Plouaret, contre la loi travail et son monde.
Galv Plouared, embann nevez
D’an 12 a viz mae 2017, e lez varn gwengamp, e vo barnet pevar den evit bezañ sac’het an tren en Plouared, dre vanifestiñ war an hent-houarn hag e diabarzh an ti-gar. Kement-mañ meur a wech entre an 19 a viz mae hag an 23 a viz even 2016. Ar stad a c’hallo goulenn betek 45 OOO euro kastiz ha 3 bloaz toull evit kement hini anezhe.
N’eo ket ar prosez-mañ hini ar pevar den-se. Kentoc’h eo hini kement den a oa en em vodet d’an 19 a viz mae warlene en ti-gar Plouaret, ha meur a wech war-lerc’h, da embann a oant a-enep lezenn al labour hag estroc’h eviti a-enep ar bolitikerezh kapitalist hag a vroud raktresoù divalav : toullañ kriz an douar, tennañ berniadoù traezh diwar ar mor, ampoezoniñ tud evel a ra Triskalia, diskar maezioù kaer evel reoù Notre-Dames-des-Landes, tennañ gwirioù d’al labourerien vihan da greñvaat galloud ar batroned… Hir eo al listenn Siwazh.
Bremañ pa deus c’hoant ar justis lakaat-se tout war chouk pevar den, ec’h eomp da difenn anezhe a-stroll. N’afomp ket da asañtiñ a vo karg hiniennoù deus deus pezh a zo hon oberioù deomp-ni tout. Aze zo un doare louz da eseañ terriñ hon c’hoant da ‘n om vodañ ha da difenn hon gwirioù !
A blijo pe na blijo ket e ranko ivez ar justis ober gant hon yezh, ar brezhoneg. Ar yezh-se a vo implijet gant ar pevar den dirak al lez-varn. Kement-mañ o deus choazet, kement-mañ a soutenomp.
Goulenn a reomp sikour er stourm-se digant pep hinienn, pep stroll, pep kevredigezh ha sindikat. Goulenn a reomp digante reiñ da c’hoût ac’h int kengred ganeomp.
Strollad souten galv Plouared, a-enep lezenn al labour hag ar bed ac’h a d’e heul.